Je sais pas si vous avez remarqué, mais le mois dernier en France, on a connu une séquence politique et médiatique absolument délirante qui a abouti à l'observation d'une minute de silence en mémoire d'un néo-nazi.
Dans le même temps, voilà que Totorelle me demande de lui procurer le texte d'une pièce de théâtre de Tiago Rodrigues (un auteur portugais) intitulée Catarina et la beauté de tuer des fascistes. Forcément, il y avait de quoi être intriguée par ce titre qui résonnait étrangement avec l'actualité (alors que la pièce date en fait de 2020)
Coup de chance pour moi, la pièce était disponible dans la bibliothèque publique à côté de mon labo (je dis coup de chance parce que ce truc semble beaucoup trop obscur pour être disponible au format numérique). Je me suis donc empressée d'aller l'emprunter, après quoi, Totorelle, Porcinette et moi l'avons lue chacune à notre tour.
Et donc, ça raconte la même chose que le titre ?
Grosso modo oui.
Pour résumer :
Chaque année depuis 1954 et la révolte de leur aïeule face à un féminicide, les membres de cette famille portugaise capturent un fasciste et l’abattent de trois balles. Toutes et tous sont Catarina, en mémoire de celle qu’iels vengent chaque année.
Mais cette fois, Catarina doute, contrairement aux autres, elle ne voit pas la beauté dans cette exécution ritualisée.
Après lecture, je reste fascinée. Contrairement à ce que le titre pourrait laisser croire, la pièce ne tire pas de conclusion définitive, mais donne la parole à toutes les Catarina. Celle qui doute, bien sûr, et celles qui sont certaines de leur choix, et elle invite les spectateurices/lecteurices à s’interroger à leur tour, alors que l’évolution de notre société nous rapproche dangereusement du monde où évoluent les Catarina (la pièce est censée se dérouler en 2028).
Je ne sais pas si j'aurais jamais l'occasion de voir cette pièce sur scène (mais maintenant j'aimerais bien !). En attendant, je ne peux qu'en recommander les lecture pour alimenter la réflexion sur le sujet.

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